Reprenons le contrôle de notre eau

Avec le contrat de Veolia qui expire en 2019, la Ville de Moncton a maintenant l’occasion de rapatrier la gestion de l’eau potable à l’interne. Ceci pourrait nous permettre d’économiser de l’argent, d’améliorer la qualité de l’eau et de protéger notre environnement. Malheureusement, au lieu de considérer cette option, la ville s’oriente encore vers la privatisation des opérations. Il est possible de faire autrement.

La situation

Il y a près de 20 ans, le Conseil municipal de Moncton signait un accord avec une société multinationale pour construire, financer et exploiter une nouvelle usine de traitement d’eau potable. À l’époque, il y avait un besoin urgent pour améliorer la qualité de l’eau de notre ville. Le financement des sources fédérales et provinciales n’était pas assuré. Le Conseil a donc conclu un arrangement complexe qui a privatisé les opérations quotidiennes de notre eau potable.

Ce partenariat public-privé (PPP) fut conclu avec Veolia, une société multinationale française impliquée dans la privatisation de l’eau dans le monde entier. L’entente a coûté au moins 8 millions de dollars de plus que si la Ville l’avait construite elle-même.

Bien que la Ville n’ait pas eu à investir des sommes au début, au cours de la période de 20 ans du contrat, elle a lentement remboursé à Veolia le coût en capital avec intérêts par versements mensuels. En 1999, si la Ville avait décidé d’aller avec un modèle public traditionnel, elle aurait pu emprunter à un taux plus bas, ce qui lui aurait épargné plus de 8 millions de dollars. Pendant ce temps, Veolia a reçu un rendement annuel de 24 % sur son investissement. Avec cette entente qui tire vers sa fin, ces versements à une société à but lucrative peuvent cesser, ce qui des économies potentielles pour la Ville.

Heureusement, Moncton a maintenant la chance de reprendre le contrôle et la gestion des opérations de ce service public vital. L’accord conclu avec Veolia prend fin en 2019.

Le Conseil municipal n’a pas besoin de signer un autre contrat avec une société à but lucratif comme Veolia. La Ville a payé l’usine de traitement de l’eau et elle appartient à la Ville. Tout comme la plupart des municipalités canadiennes, Moncton a la capacité d’exploiter directement son usine de traitement des eaux.

Il y a aussi des inquiétudes quant à la situation du bassin versant de Turtle Creek. Lorsque le Conseil des Canadiens a voulu discuter de l’impact de l’arrosage du Glyphosate prêt du bassin versant sur l’eau potable de Moncton, ils ont été refusé et bloqué des lieux. Un service public ne constituerait pas les mêmes obstacles à l’accès à l’information sur l’utilisation de pesticides et d’autres produits chimiques nocifs.

Malheureusement, au lieu de saisir l’occasion de rapatrier la gestion de l’eau potable à l’interne, la Ville se dirige encore une fois vers la gestion privée des opérations de l’usine. Plus tôt cette année, la Ville a commencé un processus de recherche de soumissionnaires privés, pour opérer et maintenir notre usine de traitement de l’eau potable pour les 15 prochaines années. Veolia et Accione Agua/Group Hélios sont deux sociétés qui se sont qualifiées pour soumissionner pour le contrat par le biais d’un processus d’appel d’offres qui devrait être achevé cet automne.

Les avantages de la gestion publique

Selon l’expérience de plusieurs autres communautés au Canada et à travers le monde, ramener la gestion des services d’eau à la Ville pourrait permettre d’économiser de l’argent et d’améliorer la qualité de l’eau. En effet, le fait de ramener l’usine à l’interne contribuerait au développement d’emplois bien rémunérés dans la ville, tout en réaffirmant l’engagement du Conseil à améliorer la qualité de l’eau grâce à la responsabilisation du public.

Par exemple, en reprenant le contrôle de la gestion de l’eau potable, les citoyens seront en mesure d’exiger la collecte de davantage de données afin de déterminer s’il y a du Glyphosate dans l’eau du Grand Moncton.

Le rapport Ramener les services à l’interne du Columbia Institute for Civic Governance de 2016 mentionne trois exemples de municipalités canadiennes qui ont repris le plein contrôle de l’exploitation et la gestion de leurs systèmes d’eau potable et d’eau usées. Les trois communautés ont mis fin à leurs ententes avec l’opérateur à but lucratif EPCOR.

  • En 2014, Banff (Alberta) a décidé de ne pas renouveler un contrat d’exploitation, estimant qu’elle économiserait 350 000 $ par année si les employés de la Ville prenaient en charge l’exploitation et l’entretien de l’usine de traitement des eaux usées.
  • En 2016, le Conseil Municipal de Sooke, en Colombie-Britannique, a voté pour l’exploitation des eaux usées à l’interne. Les employés de la Ville avaient maintenant les connaissances et la capacité de faire le travail. Cette décision va permettre à Sooke d’économiser au moins 225 000 $ par an.
  • En 2013, le District de Port Hardy a utilisé une clause d’annulation pour mettre fin à un contrat d’exploitation d’eau et d’eaux usées de 20 ans. Le maire a décrit cette décision comme étant « dans l’intérêt supérieur des contribuables ». Les employés d’EPCOR se sont fait offrir des postes au Services des travaux publics de Port Hardy. ​

Les sociétés privées privilégient les profits par rapport au bien public – l’accès à l’eau potable est un droit humain beaucoup trop important pour le déléguer aux entreprises à but lucratif. C’est pourquoi la grande majorité des systèmes d’aqueduc et d’égout au Canada sont entièrement publics.

Envoyez un courriel aux conseillers municipaux de la région du grand Moncton

Remplir ce formulaire enverra un courriel à la mairesse de Moncton et au conseiller municipal de votre quartier, ou à votre maire et aux conseillers généraux de Dieppe ou Riverview si vous y vivez.

Cher(ère) Maire(sse) et conseiller(ère)s municipaux(ales),

En tant que résident du grand Moncton, je crois que l’opération de la station de traitement des eaux du Grand Moncton peut et doit être rapatriée à l’interne.

Plutôt que de ne considérer que des propositions du secteur privé à but lucratif, le personnel municipal de Moncton doit, à tout le moins, présenter une « option publique » au Conseil. Le contrôle total et l’exploitation quotidienne de ce service public vital permettront à la ville de Moncton et aux municipalités desservie par la station de traitement des eaux du Grand Moncton de réaliser des économies. Cela signifie également plus de transparence pour protéger la santé des résidents.

En tant que mon représentant(e) élu(e), j’espère que vous appuierez activement le retour à l’interne de l’opération de notre usine d’eau potable. Je vous encourage à mettre de la pression sur le Conseil municipal pour qu’il demande au personnel de la Ville de présenter un rapport complet et transparent sur l’option publique au conseil municipal de Moncton et laisser le temps au public de commenter avant de prendre une décision sur les opérateurs privés potentiels.


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